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Le Chemin des Dames, De l’événement à la mémoire-Nicolas Offenstadt

Publié le par Jean-Paul Ancier

Fiche : Le Chemin des Dames, De l’événement à la mémoire

Auteur : Nicolas Offenstadt (Collectif, sous la direction de)

Edition : Stock

Nombre de pages : 493 pages. Date de parution : 20/10/2004.

4e de couverture :

« ‘’C'est l'enfer[ ...]. II faut y être passé pour comprendre’’ écrit le simple soldat Clerfeuille en évoquant le Chemin des Dames après le début de la fameuse offensive du 16 avril 1917, Le conflit dure depuis plus de deux ans et demi et le plan grandiose du général Nivelle ne vise rien moins qu'à terminer la guerre en perçant le front à cet endroit. Malgré certaines réticences civiles et militaires, qui ne peuvent être rendues publiques, Nivelle est alors porteur des espoirs de toute la nation, à l'avant comme à l'arrière.

Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui se transforme, dès les premières heures, en un épouvantable calvaire pour les soldats, confrontés à des positions allemandes en contre-haut, bien organisées dans un dédale de galeries et de cavernes insuffisamment détruites par l'artillerie : plus de cent mille hommes sont hors de combat en quinze jours... Les assauts dans la boue et la neige, face à des pentes imprenables, transforment l'espoir en boucherie.

L'échec de l'offensive ouvre rapidement la voie à de nombreux débats et discussions et rend la mémoire de l'événement particulièrement trouble. D'emblée honteuse, la bataille est difficilement baptisée ; elle est bataille de l'Aisne, bataille du Chemin des Dames, ou encore offensive Nivelle, en fonction de ce que l'on veut souligner... On nie d'abord l'échec évident du projet ; on écarte ou minimise l'événement dans l'écriture de la guerre. Son importance est pourtant considérable par les choix militaires qu'elle entraîne (la fin des grandes offensives), les mutineries qu'elle provoque (et qui sont ici revisitées), et, au-delà, par son rôle dans la construction du mythe Pétain (le sauveur qui redresse les erreurs de Nivelle).

Pour saisir toute la portée de l'événement, une équipe d'historiens, entre l'archive et le terrain, a mené une enquête de grande ampleur abordant toutes les facettes du Chemin des Dames, de 14-18 à nos jours : histoires, combats, traces, mémoires...

Il fallait aussi entendre ces autres voix qui ont toujours fait la vigueur du récit de la Grande Guerre : celle du combattant au coeur des offensives (Paul Clerfeuille) ou celle du Chemin des Dames d'aujourd'hui (Noël Genteur), celle de l'image (Arlette Farge) ou celle du romancier (Didier Daeninckx livre ici une nouvelle inédite).

Nicolas Offenstadt est maître de conférences à l'université de Paris I. Il a notamment publié Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999 ; en collaboration : Si je reviens, comme je l'espère. Lettres du front et de l'arrière, Grasset, 2003. Les autres collaborateurs du livre sont pour la plupart des historiens, spécialistes de la Grande Guerre et de l'histoire du XXe siècle. »

Commentaires :

Un bien bel ouvrage dont le concept est ambitieux et passionnant. Le projet dépasse largement le CERFS.      

La contribution qui nous intéresse est signée par Rémi Cazals dans la troisième partie intitulée « Sensibilités » : « Soldats russes en France. Entre guerre et révolution », pages 217 à 225.

Rémy Cazals est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Toulouse II Le Mirail et co-fondateur du CRID 14-18 (Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918). Sa bibliographie contient de nombreux ouvrages sur la Grande Guerre. Il a publié Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918, Paris, Maspero, collection « Actes et Mémoires du peuple », 1978, 556 p. (introduction par R. C.).

Au-delà du parti pris éditorial (respectable), l’odyssée du CERFS est très résumée et on ne sort pas des poncifs habituels. Comme toujours la 1ère BRS et La Courtine ont un traitement de faveur.

Pas de mention des dates d’arrivée de la 3e  BRS.

Au passage, il est noté que c’est au sein de la 3e BRS qu’une mutinerie éclate en août 1916 et qu’un lieutenant-colonel est assassiné. La 3e BRS restera en France.

On aurait aimé avoir quelques aperçus sur les Compagnies de travailleurs.

Au total, les notes et références sont peut-être le plus intéressant.

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