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Arrivée de la 3e BRS à Brest en août 1916-Yuri Danilov-Des détachements russes sur les fronts français et macédonien (1916-1918)

Publié le par Jean-Paul Ancier

Avant la guerre, le général Yuri Danilov (1866-1937) voyait l'Allemagne comme la principale menace de la Russie et non pas l’Autriche-Hongrie.

Auteur principal du plan 19, Yuri Danilov concentrait la force militaire russe en vue d'une attaque contre l'Allemagne via la Prusse orientale, avec Berlin comme objectif final.

Le plan 19, conçu en 1910 fut modifié, édulcoré, en 1912.

Une fois la guerre déclarée en août 1914, Yuri Danilov, nommé général-quartier-maître (chef des opérations) à la Stavka,  est adjoint  du chef d'état-major Nicolas Yanushkévitch auprès du  Grand-Duc Nicolas, commandant suprême de l’armée impériale et oncle du tsar Nicolas II.

Il est donc n° 3 dans la hiérarchie de l’Armée russe

Avec la décision du tsar en août 1915 de prendre personnellement le commandement sur le front de l’est, Danilov a servi comme commandant du 25e corps (1915-1916), chef d’état-major du Front nord (1916-1917) et commandant de la 5e armée (1917).

Au moment de l’abdication du tsar Nicolas II le 15 mars 1917, Danilov est à ses côtés et joue un rôle non-négligeable. En effet, alors que le projet d’acte d’abdication préparé par le général Alexeïev prévoit l’accession au trône du cesarevitch Alexis, le fils, héritier légitime, le texte est modifié en le remplaçant par le grand-duc Michel, le frère de Nicolas II. Ce qui ne sera pas sans conséquences pour la survie de la dynastie.

Après s'être retiré de l'Armée russe et après la révolution d’octobre, Yuri Danilov a émigré en France en 1918 où il est resté jusqu'à sa mort en 1937.

En 1933, il publie Des détachements russes sur les fronts français et macédonien (1916-1918).

Ouvrage essentiel à tous égards dont sont repris ici (en traduction automatique, approximative mais qui laisse passer le sens du propos) des passages entiers pour résoudre la question du moment : l’arrivée de la 3e BRS à Brest et un aperçu sur l’affaire « Krause ».

Par souci de clarté, les commentaires sont insérés dans le texte (accessible en 15 pages comportant plusieurs feuillets).

Page 3, Chapitre II

La croissance en France de l'idée de l'utilisation des forces vives russes sur le front français, en liaison avec le manque d'armes en Russie. - La mission de P. Dumera [Paul Doumer]et l'attitude à son égard en Russie. - Formation graduelle et envoi de quatre brigades spéciales, deux sur les fronts français et macédonien.

2e BRS [Intertitre de l’auteur de ces lignes]

Le 4 juillet 1916 fut envoyé d'Arkhangelsk, premier échelon de la 2e brigade spéciale, composé de trois navires à vapeur. A bord de l'un d'eux ("Venezuela") était le commandant de la brigade, le général Dieterichs. Quelques jours plus tard, le deuxième échelon, également de trois vapeurs, fut envoyé et enfin le troisième échelon de la même composition. [9 navires au total].

Le passage de la mer a été accompli en toute sécurité et par temps très favorable.

Le 18 juillet à 21 heures du soir arriva à Brest le premier vapeur, le général Dieterichs. Le lendemain, il y avait une réunion solennelle des Russes selon le cérémonial pré-travaillé. La réunion fut aussi brillante que la réunion des unités de la première brigade à Marseille. En plus des fonctionnaires, toute la population environnante y a participé, portant des paniers de fleurs et de vin pour les soldats russes. La ville s'est réjouie. Dans le rapport sur les équipes de rang d'admission, envoyés à Paris, préfet maritime a dénoncé que l'attention d'un officier français détaché auprès de l'équipe, est venu la réduction du mécontentement des soldats russes la ration quotidienne de pain (750 g), qui a été fixé pour eux.

"J'ai ordonné qu'il soit augmenté à un kilogramme", a déclaré l'amiral [Pivet].

Le même train est arrivé à Marseille le 22 juillet. Le commandant dans cette ville, à son tour, a signalé qu'ils avaient pris toutes les mesures pour recevoir correctement les fonctionnaires de la brigade. Les officiers étaient, selon les billets distribués à eux, logés dans les appartements ; Les soldats, comme on l'a déjà dit, furent conduits au camp le plus rapproché de Mirabeau, où ils occupèrent les casernes existantes ; ils avaient des couchettes simples avec des matelas bourrés de foin.

Bagagiste et soldat a été transporté sur kamions. 

Une autre expédition de la brigade à Thessalonique a été effectuée sans retard particulier. Télégrammes du commandant général Joffre des armées alliées à l'est, vous pouvez voir qu'une équipe composée de 224 officiers et soldats de 9338 était censé arriver à Thessalonique en trois termes : Juillet 27, 8 et 10 Août.

Il faut noter cependant que les informations sur l'envoi et l'arrivée des échelons russes en France et en Macédoine sont généralement assez incohérentes et souvent différentes les unes des autres. Une définition irréprochable de ces données sur les documents d'archives est difficilement réalisable.

L'inexactitude des dates de départ et d'arrivée n'est guère significative puisque cette imprécision ne fait qu'influencer la détermination de la durée de cette période que chacune des parties russes devait se reposer après un long voyage et recevoir des articles manquants, formation. [Ces deux derniers paragraphes confirment si besoin était ce que nous avons constaté ensemble]

3e BRS [Intertitre de l’auteur de ces lignes]

La formation de la 3e brigade spéciale a été lancée au début de juin 1916.

Le chef de la brigade fut nommé major-général Maroushevski, les commandants des régiments : le 5e - le colonel Narbut et le 6e - le colonel Simonov.

Le quartier général de la brigade et le 5e régiment ont été formés à Ekaterinbourg, le 6e régiment était à Chelyabinsk.

Étagères ont été formées par la séparation d'une partie de toute la bouche brides action (3 entreprises chaque étagère), la plus grande partie du Bataillon de remplacement (l'autre de la bouche 9).

La brigade était destinée au front français et devait être transportée par voie maritime d'Arkhangelsk à Brest. [C’est d’une très grande clarté]

La formation de la brigade a coïncidé avec l'offensive bien connue des armées du général Broussilov en Galice, au cours de laquelle les armées russes ont subi d'énormes pertes (jusqu'à 200 000 personnes). Naturellement, cette circonstance a nui à la vitesse de formation des unités de la brigade nommée. Le général Alekseev estime également qu'il sera inévitablement nécessaire de rencontrer des difficultés pour équiper les 4e et 5e brigades spéciales, ce qui peut même nécessiter l'utilisation des 6e et 7e brigades spéciales sur le front russe. [Cette explication du retard dans la formation des brigades 3 et 4 semble très pertinente]

La brigade de débarquement, pour le transport par mer de parties de la 3e brigade, était prévue pour le début d'août.

Cependant, le 7 août, l'un des steamers locaux russes s'est heurté de manière inattendue à la mine ennemie et a coulé en quittant la mer. Un jour plus tard, un bateau de pêche anglais périt au même endroit.

Il a fallu donc un nettoyage complet des mines du canal d'entrée, ce qui a pris plusieurs jours. Cet incident a retardé non seulement le départ de certaines parties de la 3e Brigade spéciale, mais même le dernier échelon, avec les membres du bataillon de réserve, la 2e Brigade spéciale. C'est seulement le 18 août que la plantation du chef de la 3e brigade spéciale a commencé. [Explication ponctuelle inédite]

Le 19 août, Archangelsk a laissé trois steamers anglais avec le 5e régiment spécial. D'après l'histoire de l'officier qui suivait cet échelon, les trois navires allaient ensemble et sans couverture directe presque jusqu'aux bords de la France. Les steamers eux-mêmes, cependant, avaient quelques armes. De la sorte, des radiogrammes alarmants ont été interceptés à propos de la recherche de navires par les Allemands et, par conséquent, nous avons dû changer de cap. Cela a ralenti le mouvement, mais il a renversé l'ennemi. De temps en temps, des mines flottantes se sont retrouvées dans la mer, qui ont été immédiatement abattues. La nuit, les lumières des bateaux à vapeur s'éteignirent et tout le monde dut dormir dans les ceintures de sauvetage. Cette précaution était plus amusante que dérangeante. C'était un mois d'août, et la perspective de me trouver à l'improviste dans l'eau était effrayée par personne. D'autant plus qu'ils nourrissaient bien, c'était relativement commode de nager,

Cependant, afin de réduire les possibilités désagréables autorités russes ont demandé d'interdire la presse française a annoncé la libération des navires avec les troupes russes de Arkhangelsk et l'arrivée de Brest. [Cette affirmation vient expliquer le silence de la presse française à partir, a priori, de la fin août ou, en tout cas, sa discrétion]

Mais, apparemment, toutes les parties de la brigade ne devaient pas y aller avec de telles commodités. Maritime officier français qui était en charge des troupes de débarquement à Arkhangelsk, avec anxiété télégraphié, par exemple, le 19 Août à Paris, que les trains [régiments] russes sont extrêmement mécontents de l'équipement de certains navires français et qu'il craint même l'échec des commandes d'atterrissage. En attendant, a-t-il ajouté, fournir toutes les locomotives à vapeur nécessaires au bon déploiement des troupes est entravé par le manque d'un nombre suffisant de travailleurs expérimentés et de matériel nécessaire. Le 31 août seulement, les dernières parties de la 3e brigade spéciale ont été envoyées sur la route maritime. [Arrivée début septembre donc]

Après la 3e Brigade spéciale, la 4e Brigade a été formée.

Page 3, Chapitre II

 

Cependant, il a été jugé nécessaire, compte tenu de ce triste événement qui a eu lieu à Marseille dans l'un des trains de la 2e Brigade [sic !], de faire encore une sélection plus rigoureuse des personnes formées à l'étranger pour les fronts Brigade.

Triste affaire, qui est mentionné est le fait que dans l'une des arrivées à la mi-Août en bataillons Marseille de la 2e brigade a été tué le lieutenant-colonel Krause [mi-août, lieutenant- colonel Krause], qui est arrivé dans le camp dans le but de Mirabeau rétablir l'ordre parmi les soldats émeutiers là-bas.

Page 3, Chapitre III

 

Cadres français dans les parties russes. - Deux systèmes pour la formation des brigades spéciales russes. - L'impression faite par les troupes russes en France et à Paris. Attitude à ces troupes de la population locale. - Russe "Bear". - Contenu des unités militaires russes. - Les conditions morales de leur séjour en France.

Selon les récits des officiers russes faisant partie des brigades spéciales, l'enthousiasme et la sympathie du peuple français étaient accompagnés par des soldats russes dès la première heure de leur entrée sur le territoire français. Tout au long de soldats russes rencontré des fleurs et du vin, et même quand les soldats ont été placés dans la caserne et à la porte apparaissent généralement plantons, aux murs de l'escalier de la caserne et met des friandises jette dans des paniers et des sacs sur la clôture.

L'expression de l'attention ne se termine pas de la manière au cours de leur voyage par chemin de fer. A chaque station semblait traiter les soldats, un officier de service dans les voitures jetées fleurs. Afin de réduire la consommation excessive de vin avait même d'arrêter la vente de boissons alcoolisées sur la façon dont nos soldats. Mais cette interdiction ne garantissait pas toujours les échelons de certains excès. De même, et dans les camps, où les soldats russes mis de côté pour un séjour temporaire, les habitants se précipitent pour exprimer leur hospitalité, ce qui porte des rafraîchissements à la caserne et offre gratuite de ses venus.

Le résultat malheureux d'une de ces fêtes improvisées et a déjà raconté un incident dans l'un des régiments de la 2e brigade, mis fin à la mort tragique du lieutenant-colonel von Krause, qui a eu le malheur de porter un nom allemand. [Voici une explication que l’on ne trouve pas souvent, jamais, devrait-on dire plus exactement].

Une énorme fureur parmi les Français produite accompagnée par une des bouches du 5ème régiment Bear Teddy Bear. Ce joker a été acheté par les officiers du régiment à Iekaterinbourg pour une modeste somme de 8 roubles. Avec le régiment, il a fait toute la campagne sur le front français et avant la révolution était un favori et un chéri de tout le régiment. Les soldats ont combattu avec lui volontairement et l'ont nourri avec soin. Il était connu aussi des autorités françaises avant le commandant de la 4armée du général Gouraud (Gouraud) inclus. Mais personnellement, Mishka était amical seulement pour les gens vêtus de "kaki" (soldats russes). La couleur des vêtements des soldats français suscitait en lui un sentiment de méfiance. Dans l'une des batailles, l'ourson, qui devint progressivement un ours adulte, fut légèrement empoisonné par les gaz ennemis, mais grâce au soin des rangs du régiment, il se rétablit rapidement. [Pour le plaisir, ce paragraphe sur l’ourse Michka]

Commentaires :

Bien entendu, chacun développera son esprit critique (il s’agit d’un « tsariste ») par rapport à ce témoignage, informé s’il en est. Il ne s'exercera, certes, mais pas plus, pas moins que vis-à-vis de sources directes (Archives) et/ou de sources indirectes (historiens en tous genres).

Il n’en demeure pas moins que ce « témoignage » n’est jamais utilisé, examiné, critiqué. Pire, il est ignoré.

Que d’informations pourtant !

Sur les retards subis pour le départ de la 3e BRS (Offensive Broussilov en Galicie, naufrage dû aux mines allemandes), sur les conditions de son transport, sur les informations relatives à l'envoi et l'arrivée des brigades par voie de presse, sur l’affaire « von Krause ».

On voit aussi les difficultés d’acheminement par voie ferrée jusqu’au port d’Arkhangelsk.

Merci Frédéric de m’avoir mis sur la voie de cette source de première qualité. Le partage et la transmission sont un plaisir ineffable.

Aussi, au plaisir de lire critiques et contributions.

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